Comment j’ai ouvert mon barbershop « Le Coupeur » à 19 ans – Je vous dis tout

Peu importe ce que votre entourage peut vous dire ou les obstacles que vous pouvez rencontrer sur votre chemin, croyez en vous. Croyez en vous parce que personne ne le fera à votre place !

• Du gamin de 14 ans en études de coiffure…

Fraichement entré dans le monde de la coiffure à 14 ans, j’ai passé mon CAP en deux ans en apprentissage à la Chambre des métiers avant d’enchainer sur le Brevet Professionnel (BP), indispensable pour ouvrir son propre salon.

Durant mes quatre années d’apprentissage, j’ai eu l’occasion de découvrir et d’apprendre de manière concrète le métier de barbier chez un maître barbier situé dans ma ville natale, Albi. J’ai appris à ses côtés à couper des cheveux, à raser, à tailler des barbes mais aussi et surtout la maitrise et la rigueur.

• … au futur patron âgé de 19 ans

Après l’obtention de mes diplômes, mon patron et maître barbier de l’époque m’a placé en remplacement dans un de ses salons de coiffure, au départ mixte, situé à Saint-Juéry. Un remplacement durant lequel j’ai eu l’occasion de me rendre compte que la clientèle que je m’étais faite durant l’apprentissage me suivait. C’est là que l’idée de racheter ce salon m’est apparue évidente. Pourquoi pas ? Pourquoi pas moi ? Le défi était quand même risqué, avant ça je n’avais jamais mis les pieds à Saint-Juéry, je ne connaissais personne et ma terre natale se situait à 35 km. Je n’étais donc pas sûr que mes amis et ma famille me suivraient et feraient le trajet. Je sentais tout de même le besoin de prendre le risque, de me battre pour saisir cette opportunité.

Après ce déclic, j’ai décidé d’en parler à mes parents afin d’avoir leur avis. Je n’ai pas été déçu du voyage. Mes parents étaient fermement opposés à ce projet. Avec du recul, c’était justifié et je les comprends. J’avais 18 ans et ils ne me sentaient pas capable de gérer une entreprise, ni avoir les épaules pour. Normal me direz-vous. Mais je n’ai rien lâché. De nature têtue, je n’ai jamais cessé d’avoir des convictions et de croire en ces dernières.

J’ai donc pris mon courage à deux mains et je suis allé voir mon patron pour lui proposer le rachat de son entreprise. Second refus. Au fil de négociations, et en lui annonçant que si je ne pouvais pas créer mon entreprise ici j’irais la créer ailleurs, il a finalement accepté.

J’ai ainsi débuté les démarches en récupérant le bilan du salon et en allant voir ma banque afin de voir les possibilités d’emprunt. Troisième refus. Pourquoi ? Parce que je n’avais ni apport, ni garants. La seule solution pour que la banque accepte de me prêter de l’argent était de passer par un intermédiaire, une structure qui aidait les jeunes comme moi à réaliser leurs projets. Cette structure c’est Initiative France et dans mon cas, Initiative Tarn. (Cette initiative se déploie dans chaque département puisqu’elle est nationale et constitue le 1er réseau associatif de financement des créateurs d’entreprise. Vous retrouverez toutes les informations ici : http://www.initiative-france.fr).

Le montage du dossier s’est fait à la Chambre des métiers. Il était constitué du chiffre d’affaire du salon avant mon arrivée, depuis mon arrivée, du prévisionnel qui montrait que pour que l’entreprise soit rentable la première année il fallait faire 7 clients par jour ainsi que de ma vision à long terme pour faire fonctionner le salon et remplir mes objectifs. Une fois le dossier bien ficelé, je n’avais plus qu’à défendre mon projet.

Je l’ai ainsi défendu devant un jury constitué de banquiers, comptables, chefs d’entreprise, investisseurs etc… Si j’étais en panique avant de me présenter devant eux, une fois face à ces personnes, le trac à laisser place à un jeune sûr de lui. Je savais ce que je voulais et ce dont j’étais capable. J’ai répondu à toute leurs questions, même à leurs « attaques » par rapport à mon âge. Je préférais échouer en ayant tout tenter plutôt que d’arrêter au premier obstacle. Qui peut dire à ta place que tu n’es pas encore prêt à gérer une entreprise ? L’âge n’a rien à voir avec l’ambition, c’est quelque chose que tu dois ressentir et que tu sens au plus profond de toi.

Le verdict, ou plutôt la délivrance, est tombé une semaine plus tard. La validation. Après évaluation de la faisabilité du projet et validation du dossier, cette structure allait ainsi me prêter la moitié de la somme nécessaire à la réalisation de mon projet, le tout à taux 0, ce qui permettrait de gonfler l’apport personnel ou dans mon cas, de le créer. La banque n’avait donc plus de raison de refuser l’octroi du prêt puisque l’apport manquant était à présent solide et bien réel. J’ai donc repris rendez-vous à la banque pour passer à l’étape suivante. (Je vous laisse imaginer ma joie à ce moment-là). La banque a donc fini par accepter de me laisser emprunter la moitié manquante et l’aventure commença!

C’est précisément à ce moment là que mes parents se sont rendus compte que mon projet se concrétisait réellement, que ce n’était pas un caprice. Je commençais petit à petit à sentir leur soutien. Un soutien qui m’a profondément rassuré. En effet, même si j’avais ce besoin de tout assumer seul, avoir l’épaule de ses proches me faisait me sentir encore plus fier.

Tout s’est par la suite enchainé très vite. Le rendez-vous chez le notaire a été pris et le 2 Janvier 2015, j’étais officiellement PATRON (C’EST QUI LE PATROOOOOOON ?), 2 mois seulement après avoir fêté mes 19 ans.

Si je devais conclure cet article par quelques conseils, je vous dirais de toujours croire en vous. Ne soyez pas timides, ne vous bridez pas et n’ayez pas peur de voir trop grand. Ecoutez vous et écoutez cette petite voix au fond de vous. Etre passionné et avoir une passion qui vous anime est une chance et n’est pas donnée à tout le monde. Vous devez l’entretenir et tout faire pour pouvoir en vivre.

Ben 

Écris par Benoit Boyer le Wednesday, June 24, 2020